SIKU-ZAMPONIA AMERIQUE LATINE
Les siku, taika, sanga, bordon, toyo, malta, liku, chulli, connus aussi sous le nom espagnol de zampoña, sont des flûtes polycalames andines connues depuis le xvie siècle. C'est une flûte de pan répandue dans nombre de populations notamment l'ethnie Aimara, les Quechuas, les Chipayas et les Chiriguanos vivant au Pérou, au Chili, en Bolivie, en Argentine et au Paraguay. Mais ils sont avérés du sud du Chili et de l'Argentine au Mexique et plus rarement chez certaines tribus indiennes des États-Unis voire du Canada, et ce depuis parfois 4200 av JC1. Il existe diverses tailles de zampoña mais en France, par abus de langage, on les nomme souvent tous siku.
Il est composé de deux rangées interdépendantes de tuyaux de roseaux aux notes diatoniques alternantes en sol.
Siku :
Musiciens Moche (culture) avec des Sikus. Poterie des années 700 du nord du Pérou . Musée du Berlin
ira, la rangée de 6 tubes, celle qui mène, démarre habituellement la mélodie, de caractère mâle, dite aussi sanja, pussak/pussaj (du kechua pussay : conduire) ou guia, primero en espagnol.
et arka celle qui suit, de caractère femelle, dite aussi qhatik (suivant) en Kechua2.
Ira et arka sont des mots Aymara mais sont tres largement utilisés par les kechuas. Mais alors que les aymaras associent le principe male au minimum de tube, c'est l'inverse chez les kechuas.
Les segments de roseau viennent d'une graminée appelée arundo sp., chusquea sp. ou phragmites sp. voire totora (Schoenoplectus californicus ssp. totora3) le plus fin, graminées dont le nœud naturel est utilisé pour obtenir des tubes bouchés à une extrémité. Les tubes sont solidarisés entre eux par un long éclat de roseau attaché avec du fil de coton.
Autres zampona en ordre de taille :
taika (« mère »), sanga (« bâton »), bordon (« basse »), qui est le plus grand (120 cm), ou toyo (140 voire 200 cm), plus rare, Machu, malta, de taille moyenne, liku, plus petit, tijli, plus petit, chulli, le plus petit.
Accompagnés de tambours (bombos), ces instruments sont joués la plupart du temps en groupes de 50 à 100 musiciens, des tropas, jouant une musique amérindienne appelée sikuriada, sikutsaty ou zampoñada dont les différents rythmes sont les k'anthus, les haillis, les huaynos, les harawis et les carchapayas. Les sikuris, musiciens jouant du siku, s'encouragent la plupart du temps aux cris de fuerza sikuris !. Certaines tropas, appelées pandillo marimacho, ont leurs rangées doublées à l'octave qui servent de caisse de résonance supplémentaire. Les tropas défilent souvent lors des fêtes votives ou profanes.
La pratique du siku est parfois éprouvante pour les joueurs car l'hyperventilation peut faire tourner la tête d'un joueur occasionnel. Celle du toyos est encore plus exigeante : elle demande une attaque puissante, percussive, pour amorcer la résonance suivie d'un souffle moins puissant pour l'entretenir. Certains tubes sont doté d'un résonateur, réduction du diamètre par un court tube inséré à l'embouchure réduisant le diamètre.